Chaque année, artistes, penseurs et citoyens se réunissent pour échanger sur les réalités du quotidien et les grands enjeux de notre époque. En juin dernier, c’est dans le cadre du festival Africologne que cette tradition s’est poursuivie, avec un moment fort consacré à la réflexion et au dialogue autour de la situation à l’Est de la République Démocratique du Congo.
Le public a pu découvrir la pièce Kalash Story, écrite par Jean-Louis Sonogot et mise en scène par Yves Ndagano, directeur artistique de la compagnie. Cette création théâtrale met en lumière les conséquences humaines de la guerre, à travers des récits de vies bouleversées par la violence et la survie.
À l’issue de la représentation, une rencontre-débat s’est tenue entre les artistes et les spectateurs. Les discussions ont porté sur la guerre persistante dans l’Est du Congo, où des millions de personnes continuent de souffrir dans l’indifférence internationale. Les échanges ont également abordé la question de la technologie et de son lien avec les ressources naturelles de la région, notamment les minerais nécessaires à la fabrication des téléphones et ordinateurs modernes.
Pour Yves Ndagano, le théâtre a un rôle essentiel à jouer :
« Nous utilisons la scène comme un espace de vérité et de résistance. Par l’art, nous pouvons raconter ce que beaucoup veulent oublier et redonner un visage humain à la souffrance. »
Ce moment d’échange à Africologne a ainsi permis de replacer le théâtre dans sa fonction première : créer du sens, éveiller les consciences et ouvrir le dialogue sur des réalités souvent invisibles. Entre art et engagement, Kalash Story s’inscrit dans une démarche de mémoire et de plaidoyer, rappelant que derrière chaque création se cache une volonté de transformation sociale.
